J'ai commencé à travaillé sur le questionnaire. Je suis partie de l'idée que le questionnaire n'était pas un outil d'analyse (ni statistique, ni sociologique) mais un instrument de communication, un prétexte, pour provoquer des réactions. Son but est donc de faire réagir, d'avoir des images à capter, d'interagir avec les personnes. Je suis donc partie du principe que nous étions [ré]actives pendant que nous interrogions les passantEs.
Il en découle que les questions commes les réponses proposées se veulent orientées. Cette posture est assumée, et nous essayons de justifier sur un mode humoristique-tragique.
Hum…alors, je suis tout à fait d'accord avec l'idée de Flaz qu'il faut que notre questionnaire soit “orienté”…encore faut il être claires sur l'orientation que nous souhaitons justement lui donner, le cadre théorique…ce que nous voulons dire quoi !…
Je propose donc que notre questionnaire s'organise en deux axes :
1. Amener les gens à établir une distinction entre ce qui est un “donné” biologique (organes génitaux et fonctions procréatives) et ce qui est socio-culturellement construit (le genre) (Exemples de questions possibles : “Est-ce que vous êtes un homme ou une femme ?…Qu'est-ce qui vous fait penser que vous êtes un homme, ou une femme ?…Est-ce que vous pensez que le fait d'avoir un corp / un sexe d'homme, ou de femme suffit à faire de vous un homme, ou une femme ?…)
Afin d'aider les gens à imaginer autre chose que la bipolarité homme / femme, on peut - si on le sent et si on a le temps ! - leur parler des Bugis, groupe Malais vivant sur l'île de Sulawesi : pour eux, le monde n'est pas simplement partagé entre des hommes et des femmes, il existe aussi des hommes en apparence qui sont en réalité des femmes et des femmes en apparence qui sont en réalité des hommes; enfin, il existe dans leur culture un cinquième genre, ou “métagenre” : il s'agit des bissus, ni hommes, ni femmes, mais hommes et femmes à la fois car ils sont les représentants des divinités sur terre et les divinités n'ont pas de sexe défini !…
2. Mettre en évidence le fait que dans l'actuelle construction sociale du genre, être homme c'est avant tout être dominant et être femme c'est d'abord et avant tout être dominée. Et essayer de faire réagir les gens par rapport à cet état de fait !… (Exemples de questions possibles : Domination inscrite dans le langage : “Trouvez-vous normal que l'on parle des “Droits de l'Homme” plutôt que des “Droits de l'Humain” ?” / Domination sexuelle : “Pensez-vous qu'une femme ayant plusieurs partenaires sexuel-l-e-s soit une “salope” et qu'un homme dans la même situation soit un “mec qui assure” / “un vrai mec” ?, etc !)
Sinon, concernant la méthode, je suis favorable aux questions “ouvertes”…
Hum…voilà…vous en pensez quoi ???
Le deuxième axe de réflexion est celui des thématiques que nous nous proposions d'aborder. Je pense qu'il ne faut pas faire de tri, que nous devons couvrir le maximum de sujets. Peu importe si nous aboutissons à un questionnaire trop long, si nous ne soumettons pas tout le questionnaire à toutes les personnes (cf. finalités).
Le questionnaire a été conçu dans l'esprit d'être utilisé auprès d'un public “lambda”. Il pourrait être intéressant de l'utiliser auprès de différents publics que l'on suppose généralement “sensibilisés”, lors de manifestations, de réunions politico-sociales, etc… Cela soulève une question beaucoup plus générale. Le choix des lieux de collecte/tournage gangerait à ne pas céder à la facilité de collecte et à faire l'objet d'une réflexion et résulter de choix collectifs.
L'idée n'est pas d'aller au devant de personnes nominativement identifiées ni de “représentantEs” de collectifs.
Voir si, par la suite, nous restituons une information sur le contexte de la collecte… Laquelle ?